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Le Gazetier littéraire |
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![]() Le Gazetier littéraire. Historiettes, Anecdotes & Indiscrétions de l'An 1924, Georges Crès, Paris, 1925 9 mai Les mêmes petits faisceaux de drapeaux tricolores, les mêmes bannières bleues qui ont servi avant-hier à l'occasion de la fête de Jeanne d'Arc donnent encore ce matin un air de gala provincial à la rue des Saints-Pères, entre le boulevard Saint-Germain et la rue de Grenelle. On inaugure la plaque commémorative apposée au n° 71, où Remy de Gourmont a vécu de 1898 à 1915. Il commença de pleuvoir quand M. Georges Lecomte prit la parole. Un des huissiers de l'Hôtel de Ville l'abrita sous son parapluie. Il y eut six discours et un poème. Une dame faisait circuler des feuilles de bristol pour recueillir les signatures autographes des personnes présentes. La cérémonie terminée, elle en compta 72. Mais tout le monde n'avait pas signé. Nous étions moins nombreux, en 1915, pour accompagner l'auteur des Epilogues jusqu'au Père-Lachaise. On éprouvait une émotion que l'on chercherait vainement aujourd'hui. Ce mort qui nous précédait le long des rues où circulaient peu de voitures... L'angoisse de cette guerre qui commençait... Devant le caveau provisoire, M. Henri de Régnier ne prononça qu'un bref discours, mais sa voix tremblait : « Gourmont, très grand artiste... ; curieux jusqu'au paradoxe... ; sincère jusqu'à la contradiction... » Ces funérailles semblaient être celles d'une partie des hommes qui composent le Livre des masques. Les cérémonies funèbres ne souffrent pas la « reprise », sous quelque forme que ce soit. Tous les discours officiels d'aujourd'hui eussent fait horreur à Gourmont. Que pensez-vous de ces déclamations ? aurait demandé M. Delarue. Du lyrisme, aurait répondu M. Desmaisons. pp. 64-66 [source : Mikaël Lugan] |